Quand la Sécu se défausse sur les médecins

Nous assistons à une dérive préoccupante pour les médecins généralistes: le contrôle médical est de plus en plus orienté sur le contrôle des médecins et non des malades, et les CPAM non seulement se déchargent de leur travail sur les médecins (ex: la télétransmission) mais entendent leur faire jouer le rôle de "policiers" des prescriptions alors qu'ils n'en ont ni le temps ni les moyens et qu'elles-mêmes (les caisses) ont tout sous les yeux (retours informatiques, statistiques... ce sont elles qui payent) et ne font rien !

 

Ici un médecin est poursuivi pour "trafic de stupéfiants" en raison de chevauchements de dates de prescriptions alors qu'il ressort que le patient se faisait prescrire et rembourser du SUBUTEX auprès de plusieurs médecins ! Si le médecin est complice de trafic cette CPAM l'est également et à un niveau supérieur: elle savait et n'a rien fait pour stopper ce trafic !

 

Là on accuse un généraliste de trafic de CYTOTEC (utilisé comme abortif) alors que la caisse précise elle-même dans son acte d'accusation du médecin que la patiente s'en faisait prescrire par 2 autres praticiens et que la caisse remboursait sans sourciller, sans même convoquer la patiente. Ce médecin est poursuivi devant la commission des affaires sociales du CRO pour « atteinte à l'honneur et à la probité » et probablement au pénal pour trafic: L'assistance juridique du médecin généraliste ne manquera pas de faire ressortir la responsabilité du patient (qui lui n'est pas poursuivi alors qu'il est à l'origine du trafic, s'il y en a effectivement un) et la complicité de la caisse qui a failli à sa mission de contrôle.

Le médecin ne sait généralement pas que son patient consulte également d'autres praticiens, les CPAM oui ! Et il y a des listes de produits faisant l'objet de trafics qui se constituent et les CPAM font tourner leurs ordinateurs pour rechercher les prescripteurs alors que les utilisateurs sont rarement inquiétés: SUBUTEX, CYTOTEC, DEXERYL, crèmes CORTICOIDES, NIVAQUINE ... la liste s'allonge et le médecin "informé" de ces pratique a un temps d'arrêt quand il doit en prescrire un de façon légitime !

 

Depuis que les pôles contentieux des CPAM ont été créés avec des médecins conseils volontaires il y a un mot qui revient souvent chez les médecins libéraux contrôlés qui est celui "d'exécution" !

j'ai souvent dénoncé le harcèlement et le non respect des procédures mais je voudrais aborder aussi le contexte humain; j'ai vainement essayé de l'aborder au cours d'un entretien avec le Directeur d'une CPAM de la région parisienne et son médecin conseil chef sans grand effet alors que ce département connaissait une vague de contrôles sans précédent: un médecin contrôlé est souvent un médecin à forte activité, particulièrement exposé au burn-out et le contrôle peut survenir à une période difficile de sa vie. Comment supportera-t-il cette mise sous pression, cette traque; souvent ils m'ont dit avoir été "exécutés" et tôt ou tard la fiction deviendra réalité et il y aura passage à l'acte ! Les statistiques le prédisent, elles qui révèlent 3 fois plus de morts par suicide chez les médecins généralistes que dans la population générale !

Dans mon département ce contrôle affectait un médecin aux prises avec de gros problèmes informatiques alors que son épouse qui habituellement le seconde était gravement malade... Ailleurs tel autre médecin contrôlé était sous pression par l'état de santé de ses parents résidant à l'étranger ... et telle autre était diminuée par une affection qui l'obligeait à interrompre son activité pendant plusieurs mois...

 

C'est sûr tôt ou tard il y aura un drame, mais en attendant les médecins qui sortent de ces contrôles sont souvent des médecins "brisés" qui ont envie d'arrêter, et parfois ils le font venant aggraver un déficit démographique préoccupant chez ces indispensables médecins de la globalité que sont les spécialistes en médecine générale.

Si je n'entends rien aux médicaments, je comprends parfaitement ce que vous dites. Mais ce faisant, ne vous êtes pas à votre tour défaussé...sur nous, lecteurs et assurés ? Parce que, si les caisses sont pointilleuses et au-delà, si un jour un drame peut arriver et si, bien sûr, les médecins peuvent sortir brisés de contrôles inquisitoriaux, n'est ce pas aussi parce que les abus sont innombrables de l'autre côté. Du côté des médecins. Or vous n'en dites rien. N'est-ce pas un problème? Parce que, bien entendu, derrière tout çà, il y a une solvabilité des médecins et une capacité de cotisations des salariés.

Bonjour,
Pourquoi y aurait-il plus de gens malhonnêtes chez les médecins que dans la population générale ? je ne suis pas du tout opposé aux contrôles ni des médecins ni de leurs patients, aucun système ne peut fonctionner sans "régulation", mais je voulais attirer l'attention ici sur un mode de fonctionnement anormal des services de contrôle: les caisses qui détiennent toute l'information ne peuvent se retrancher derrière les médecins qui ne possède que "leur" version de la consommation de leurs patients.
Enfin sur le fond je sais que les abus existent et que nous en sommes tous responsables: médecins, patients, caisses et aussi l'état qui doit beaucoup d'argent à la Sécurité Sociale et mène des politiques contradictoires:
Par exemple et en vrac: pourquoi pas de médicaments génériques dans les hôpitaux ? Pourquoi des médicaments princeps sont-ils "offerts" aux hôpitaux ? Pourquoi le même médicament générique est vendu 40% moins cher au Royaume Uni qu'en France ? Pourquoi le coût des consultations hospitalières est facturé sur l'enveloppe de la médecine de ville ? ...

Bonjour

En, fait, le problème exposé par 2M est que les caisses sont insuffisamment pointilleuses>/b>. Ce sont elles qui savent quels patients ou quels médecins abusent.

Quand un médecin fait une une prescription aberrante, il est normal que la caisse l'attaque. Mais dans les situations décrites, la patient escroc fait la tournée des médecins, ce que ces derniers ne peuvent pas savoir. La caisse, elle, le sait par son informatique. Or elle poursuit les médecins qui n'ont trompés par des patients, se défaussant ainsi sur eux de son devoir de surveillance globale favorisée par son informatique.