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Une MMG contre vents et marées
Une MMG contre vents et marées
27 avril 2007

La maison médicale de garde de Belleville, dans le Rhône, a été officiellement inaugurée le 5 avril dernier, dans ses locaux flambants neufs, au sein de l’hôpital local, avec l’assistance qui convient à ce genre de cérémonie : élus, député, président de l’Urcam, médecins, félicitations et congratulations d’usage… Heureux aboutissement d’une histoire riche en péripéties.


C’est en 2004 que cette histoire un rien chaotique de la maison médicale de garde de Belleville a commencé. Cette année-là, une rencontre à Beaujeu a réuni une vingtaine de médecins généralistes des quatre secteurs de gardes concernés, le président du Conseil départemental de l’ordre des médecins du Rhône, Patrick Romestaing, et les maires des communes de Beaujeu et de Belleville. La décision fut alors prise de fondre les quatre secteurs en un seul, regroupant une population de 48 152 habitants. Les médecins généralistes y étaient favorables, à condition de ne pas faire de visite durant la garde. L’idée d’une maison médicale de garde s’est donc imposée à cette époque. Jean-Jacques Duval, généraliste à Beaujeu depuis 1986 et président de l’Association des médecins de garde du Beaujolais (Amgb), créée en 2004 pour structurer la Pds, raconte : « A ce moment-là, la seule proposition valable de local venait de l’hôpital de Belleville qui proposait d’avancer les frais des aménagements nécessaires à la MMG. L’Ordre a demandé qu’un responsable par secteur soit désigné pour suivre le projet. J’ai été le responsable pour le secteur de Beaujeu. Notre petit groupe s’est réuni et nous avons visité les locaux proposés par l’hôpital et indiqué les aménagements qui s’imposaient » Le seul problème, et de taille, c’est qu’à ce moment-là, la « fenêtre » des expérimentations étant refermée, les médecins surent rapidement qu’ils ne devraient pas compter sur un financement du Faqsv…

Zone d'intervention de la MMG de Belleville.

Oui, mais quel financement ?

L’hôpital de Belleville a fait les travaux à ses frais. « De mai à décembre 2004, se souvient Jean-Jacques Duval, nous avons écrit à tous les élus, nous les avons rencontrés. Nous avions des promesses de dons… La préfecture et la Ddass disaient que la MMG devait ouvrir, mais aucun n’avait d’argent à nous donner ! »

La maison médicale de garde de Belleville ouvre pourtant ses portes le 1er janvier 2005. « La première année, nous avons fonctionné avec 38 000 euros de financement des élus – qui ne sont arrivés qu’en avril – et les cotisations des médecins généralistes, qui sont passées de 20 à 50 euros. On a failli fermer au bout de quatre mois ! » Mais, la communauté de communes de Montmerle-sur-Saône (7 500 habitants) a donné 1,5 euro par habitant et celle de Belleville (20 000 habitants), un euro par habitant. Les communautés de communes de Saint-Georges, Monsols et Beaujeu refusent, mais des communes s’engagent individuellement. « Bref, résume Jean-Jacques Duval, au total, nous avons reçu 38 000 euros de financement. Nous avons pu payer le personnel de secrétariat et d’accueil, mais les médecins généralistes venaient prendre la garde avec leur matériel ! »

L’absence de financement du Faqsv avait une raison : l’Urcam contestait le choix de Belleville pour l’ouverture de cette MMG pour laquelle elle souhaitait une implantation plus centrale, à Beaujeu (voir carte ci-contre), au milieu du secteur de garde. « Sur un plan géographique, cela pouvait se concevoir, commente Jean-Jacques Duval, mais pas en termes de démographie : la population est beaucoup plus nombreuse au sud du secteur. »

Entrevue au ministère

Pour défendre leur projet, les médecins promoteurs de la MMG n’ont pas ménagé leurs efforts, et ont multiplié les démarches auprès des uns et des autres. Celle qu’ils firent auprès de Bernard Perrut, député UMP du Beaujolais, ont abouti en juin 2005 à une entrevue au ministère. En septembre de la même année, une réunion avec des élus, des représentants de la Ddass, de l’Ordre, de la Cpam, et le directeur de l’Urcam marquèrent une avancée. Le Faqsv accepta alors que l’AMGB dépose un dossier de demande de fonds. « Nous avons compris que l’Urcam était prête à le regarder d’un oeil bienveillant ; mais elle y mettait comme condition un co-financement de la MMG. »

Début 2006, la réponse positive finit par tomber : le Faqsv financera la MMG six mois. Et l’apport des communes sera de 15 000 euros cette année-là. Les soucis financiers n’étaient pas terminés pour autant. « L’hôpital nous a demandé de rembourser leurs travaux, explique Jean-Jacques Duval, et devant “l’ardoise”, nous avons dû fermer la MMG en juillet et août. Mais, en août, l’Urcam nous a proposé une solution pour payer la note qui se montait à 23 000 euros. » La maison médicale de garde a donc rouvert ses portes en septembre. Avec des horaires restreints : le samedi de 20h à minuit (au lieu de 12h à minuit) et les dimanches et jours fériés de 8h à minuit. « Jusqu’à présent, aucune visite n’a été faite durant la garde, et 70 % des consultations sont régulées, 30 % se faisant en accès direct. La régulation libérale est faite à Lyon, dans les locaux du 15, financée pour certains créneaux horaires. L’accueil fait à la MMG par la population est très favorable. »

Président de l’Amgb, maître de stage, généraliste enseignant, et co-fondateur, avec son confrère Michel Guillot, de l’association « le Cercle médical du Beaujolais », organisatrice des Rencontres médicales du Beaujolais, Jean-Jacques Duval (50 ans) est aussi le président de la Fédération Rhône-Alpes des MMG (Fédéramag), créée en 2005. « Cette fédération regroupe pour l’instant les cinq MMG de Lyon, celle de Villefranche-sur-Saône, celle d’Ambérieux, et la nôtre. Une MMG doit ouvrir prochainement à l’Est de Lyon, qui nous rejoindra peut-être. L’objectif de la fédération est de mutualiser des moyens entre les MMG, et d’aider à la création de nouvelles maisons médicales dans les départements de la région où il n’y en existe aucune, la Savoie, la Haute-Savoie, l’Ardèche, l’Isère et la Loire. » Jean-Jacques Duval ne manque pas de projets… Parmi lesquels, un qu’il dit être son « cheval de bataille » : « J’estime qu’il y a une information, et même une formation à faire du public concernant le bon usage des moyens de la Pds : dans quels cas recourir au Samu, aux pompiers, à la maison médicale de garde, ou attendre de consulter son médecin traitant le lendemain ? » Où l’on voit que les difficultés rencontrées n’empêchent pas l’homme d’action d’envisager d’autres entreprises…



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