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’’Un double discours systématique’’
’’Un double discours systématique’’
4 mars 2006


Christian Lehmann est médecin généraliste à Poissy dans les Yvelines, romancier et membre du nouveau syndicat Espace-généraliste • Il réagit à cet accord, en pointant les différences de traitement selon lui, entre généralistes et spécialistes •

Quelle est votre réaction après l’accord de la nuit dernière ?
Le foutage de gueule atteint un niveau inégalé puisqu’encore une fois on a privilégié les médecins spécialistes en faisant croire que l’on faisait une fleur aux généralistes ! Au total, entre le 1er janvier 2005 et la fin 2006, la consultation du généraliste sera passée de 20 à 21 euros, tandis que le spécialiste a vu son tarif faire des bonds, de 23 à 28 euros. C’est vraiment la politique du deux-poids, deux-mesures.

Comment expliquez-vous cet écart croissant entre généralistes et spécialistes ?
Il faut se souvenir de la réforme de l’année dernière qui a abouti à un petit arrangement tarifaire entre amis, soit entre le gouvernement UMP et les syndicats de spécialistes qui font partie de leur fonds de commerce électoral. Il s’agissait de faire oublier les malentendus du plan Juppé, combattu à l’époque comme un rationnement intolérable et de revaloriser la médecine spécialisée.

Qu’est-ce que le gouvernement leur a accordé plus qu’à vous ?
On a d’abord fait en sorte que le nouveau médecin traitant puisse être n’importe quel praticien, ce qui est déjà une négation totale du rôle du généraliste dans ce qui fait sa spécificité, à savoir de coordonner les soins. Ensuite, le généraliste a vu son tarif maintenu à 20 euros alors que le spécialiste passait de 23 à 27 euros et même 32 euros si on vient directement chez lui sans passer par le médecin traitant. On a ensuite dit aux généralistes « si vous faites 950 millions d’euros d’economies pour l’assurance-maladie, vous aurez peut-être quelque chose l’an prochain »... Et voilà, on a un euro pendant que les spécialistes en auront empoché cinq en deux ans !

Mais les généralistes sont tout de même revalorisés...
Premièrement, cette revalorisation arrivera au 1er août et va donc peser surtout sur les quatre derniers mois de l’année ce qui ramène les soi-disant 220 millions du coût de la mesure gouvernemantale à 70 millions. Mais surtout, notre consultation passe à 21 euros avec une pression considérable mise sur les généralistes : recours accru aux génériques, économies sur les arrêts de travail délivrés aux patients, etc.. Les prochaines élections aux unions professionnelles de médecins auront lieu en juin et Michel Chassang, président de la CSMF, le syndicat majoritaire dans la profession, y joue sa tête. Si l’UMP ne lui avait rien accordé, il avait de fortes chances de perdre ces élections face au front uni des généralistes rassemblés dans les syndicats MG France, Espace Generalistes, SMG, très à gauche et FMS, plutôt à tendance libérale.

Dans quel état se trouve aujourd’hui la médecine généraliste en France ?
Un chiffre résume bien le blues des généralistes. Alors que l’on attendait 1.450 passages à la retraite en 2005 dans la profession, on a eu 2200. C’est la preuve que les généralistes se sentent aujourd’hui les mal-aimés du système, les dindons de la farce qui ont le droit de prendre quelques miettes alors que les spécialistes se gardent le gros du gateau. Si l’on fait abstraction des frais de gestion, les honoraires des généralistes en 2005 ont pesé 3,8% sur les dépenses de l’assurance-maladie tandis que ceux des spécialistes, qui ne représentent qu’à peine plus de la majorité des médecins en activité (55%), 7,8%. Cherchez l’erreur !

Vous dénoncez l’hypocrisie du gouvernement...
Notre système reste incohérent et mal organisé, avec notamment un double discours systématique à l’attention des généralistes. On leur demande de prescrire plus de génériques, de faire des économies et dans le même temps on accorde des tarifs de commercialisation très élevés à de nouvelles molécules soi-disant innovantes mais qui dans le meilleur des cas n’apportent pas grand chose. C’est le cas du Vioxx, cet anti-inflammatoire soi-disant miracle qui a couté 250 millions d’euros par an à l’assurance-maladie et a fini par être retiré du commerce début 2005 suite à un certain nombre de décès. Dans ces conditions, on ne voit vraiment pas comment les choses vont s’améliorer...



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