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Qui vient aux urgences sans y être invité ?
Qui vient aux urgences sans y être invité ?
19 septembre 2008


Constater l’augmentation de la fréquentation des services d’urgence est presque devenu une marotte tant éditoriale que politique. Cette tendance serait notamment le fait de patients dont l’état de santé ne justifie nullement une prise en charge immédiate dans un service hospitalier. Si l’observation est fréquente, rares sont ceux qui ont souhaité en savoir d’avantage sur ces patients qui se rendent aux urgences sans y être adressés par un praticien. Le docteur Joël Ladner et ses confrères du département d’épidémiologie du CHU de Rouen se sont intéressés de plus près à ces patients « auto-référés » qui représentent 70 % des « usagers vus dans les services hospitaliers d’urgences » selon une enquête nationale publiée en 2002. Leurs résultats publiés en janvier ont été présentés la semaine dernière à l’occasion du Congrès international d’épidémiologie.

Plus jeunes, plus actifs et avec un niveau d’éducation plus élevé L’étude a été réalisée entre juillet 2003 et mars 2004 dans quatre établissements de Haute Normandie. Trois cent cinquante malades (de plus de 18 ans) ayant consulté les urgences de leur propre chef ont été inclus et divisés en quatre groupes. Les premiers (35,4 %) ont indiqué s’être rendus directement à l’hôpital en raison de la facilité de cette démarche, les seconds, moins nombreux (23,1 %) ont affirmé que leur médecin traitant était indisponible, tandis que l’on trouvait dans un troisième groupe (19,2 %) des patients ayant consulté quelques temps auparavant un praticien libéral mais qui s’inquiétaient de la persistance de leurs troubles et dans un dernier ensemble (22,3 %) des malades conduits aux urgences par leur famille ou les pompiers. L’un des éléments les plus saillants de l’étude de l’équipe de Joël Ladner est de révéler que le premier groupe (124 patients) différait significativement des trois autres par l’âge moins élevé des malades qui était de 34,1 ans en moyenne (entre 40,2 et 42,4 ans pour les autres patients). Par ailleurs, ces patients ayant choisi les urgences pour leur « commodité » avaient plus souvent une activité professionnelle que les autres (75,8 %, contre 62,5 à 71 % dans les trois autres groupes). Les auteurs signalent également que leur niveau d’éducation était souvent plus élevé : 41,9 % d’entre eux ont indiqué avoir le baccalauréat ou un diplôme plus important encore, contre 28,7 % des malades ayant indiqué que leur médecin n’était pas disponible et 38,7 % des patients accompagnés par leur famille ou les pompiers. Cependant, parmi les patients s’inquiétant d’une persistance de leurs troubles, la proportion de ceux ayant au moins le bac était plus importante (43,1 %). Sans surprise, ces patients ayant le plus directement recours aux urgences avaient également moins souvent un médecin traitant (90 % contre une moyenne de 96 % dans les trois autres groupes). Le fait d’avoir un médecin traitant ne les empêche d’ailleurs nullement d’ignorer fréquemment le système libéral : « Dans les six derniers mois, ils ont plus souvent consulté un service d’urgences qu’un médecin généraliste libéral » indiquent Joël Ladner et son équipe. En première intention, 69,2 % des patients arborant le premier type de profil déclarent consulter d’abord leur médecin traitant, contre une moyenne de 83,2 % dans les trois autres groupes. Les personnes consultant les urgences par facilité et celles amenées par les pompiers ou leurs proches sont également beaucoup plus nombreuses à penser au pharmacien en première intention (une moyenne de 20,8 % contre 11,3 % chez les autres usagers).

Peu d’améliorations en vue Ces résultats forcent à observer d’un œil différent le phénomène d’augmentation de la fréquentation des services d’urgences, qui est en partie lié à la hausse du nombre des patients « auto-référés ». Pour les auteurs de l’étude, leurs observations mettent en évidence certaines failles du système de médecine libérale qui « a concentré, avec succès, ses efforts sur certains profils de clientèle (personnes âgées, inactifs ayant du temps) et a négligé une population ayant des contraintes de travail et de temps. Au cours des années, le créneau d’accès à son médecin traitant s’est réduit (…) et cette réduction va certainement encore s’accentuer ». Constatant par ailleurs que la petite traumatologie est « la principale cause de venue aux urgences », notamment chez les patients du premier groupe (71,8 % des cas), ils remarquent que bien que la médecine de ville aurait certainement pu prendre en charge la plupart des pathologies bénignes, « elle aurait été non concurrentielle aux urgences en termes de rapidité et de souplesse ». Soulignons enfin qu’après leur passage aux urgences, 13 % des patients auto-référés ont été hospitalisés et c’est évidemment dans le premier groupe de malade que la proportion d’hospitalisation est la plus faible (7,4 %). Cependant, si dans moins d’un cas sur deux le médecin des urgences interrogé a estimé que la venue du patient était justifiée, aucune différence significative n’a pu être établie entre les quatre groupes.



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