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Mille de perdus pour la Médecine Générale !
Mille de perdus pour la Médecine Générale !
15 septembre 2005

Le choix de la spécialité d’internat se déroule jusqu’au 26 septembre dans un amphithéâtre de Marne-la-Vallée. A l’issue de la procédure informatisée de préchoix, plus d’un millier de postes d’interne de médecine générale sur les 2 400 ouverts aux épreuves classantes nationales (ECN) n’ont pas trouvé preneurs.


LA MEDECINE GENERALE sera-t-elle une nouvelle fois le parent pauvre des épreuves classantes nationales (ECN) ? Le choix de la spécialité d’internat, qui se déroule à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 26 septembre dans un amphithéâtre de Marne-la-Vallée, devrait apporter une triste réponse à cette lancinante question.

A l’issue de la procédure de préchoix des vœux d’affectation effectués par les 4 311 étudiants classés aux ECN sur le site Internet sécurisé baptisé Céline, plus d’un millier de postes de médecine générale n’ont pas été pourvus. L’an passé déjà, 600 étudiants manquaient à l’appel ; certains avaient préféré redoubler qu’opter pour la spécialité. « Nous prévoyons une catastrophe démographique pour notre spécialité. D’ici à trois ans, le nombre de médecins généralistes formés sera bien inférieur aux besoins dictés par la démographie médicale », commente Matthieu Schuers, président de l’Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (Isnar-IMG).

Selon les dernières simulations effectuées sur Internet, de nombreuses villes de la moitié nord du pays seront victimes de cette inadéquation. « A Reims, Rouen, Nancy, Tours ou encore Paris (217 postes libres sur 474), les internes ne seront pas en nombre suffisant, indique Matthieu Schuers. Dans ces conditions de crise grave, comment les CHU et les CHG vont-ils s’organiser pour pallier cette chute brutale sans entraver ni la qualité des soins ni la qualité de la formation de ces futurs médecins généralistes ? »

Depuis plusieurs mois, les internes de médecine générale interpellent les ministères de la Santé et de l’Education nationale pour réclamer, entre autres mesures, la mise en place d’un stage en cabinet de médecine générale au cours du 2e cycle. « Ce stage est prévu par la loi depuis 1997, mais il n’a jamais été appliqué », se désole Matthieu Schuers. L’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) a également réclamé ce stage qui doit permettre aux étudiants du 2e cycle de mieux connaître un métier auquel ils ne sont pas confrontés.

Pour trancher le traditionnel dilemme du nombre de spécialistes à former chaque année, le ministère de la Santé a demandé à l’Observatoire national de la démographie des professions de santé (Ondps) de travailler afin que cette « mesure majeure pour une meilleure répartition des médecins formés » soit effective dès l’été 2006. L’objectif est de mettre en adéquation les postes d’internat avec les besoins de formation par spécialité et par région. Etudiants et internes sont circonspects devant une méthode qui n’a pas été évaluée.

Le Pr Pierre-Louis Druais, président du Collège national des généralistes enseignants (Cnge), est quant à lui persuadé de la nécessité d’interrégionaliser l’examen : « Arrêtons de réfléchir et passons à l’action au plus vite. L’interrégionalisation est le seul moyen de tenir compte des réels besoins de santé de chaque région. »
Le Pr Druais ne s’étonne pas de la catastrophe annoncée dans sa discipline : « Rien n’a été fait pour que la médecine générale soit choisie ou pour permettre aux étudiants d’identifier la spécialité. La médecine générale dispose d’un diplôme d’études spécialisées (DES) depuis deux ans mais ne peut pas le faire fonctionner. »

Le hit-parade des spécialités.

La procédure de préchoix a par ailleurs permis de mesurer l’engouement des étudiants pour certaines spécialités. Selon Raphaël Coursier, secrétaire général de l’Intersyndicat national des internes des hôpitaux (Isnih), l’attrait pour les spécialités médicales s’est renforcé alors que la chirurgie « continue de reculer par rapport aux années précédentes ». Le rang limite de classement pour la discipline est proche de la 3 000e place. « Le fait d’avoir augmenté le nombre de postes en chirurgie n’a pas rendu la spécialité plus attrayante », commente le représentant de l’Isnih au Conseil national de la chirurgie. Olivier Mir, vice-président de l’Isnih, note pour sa part que « la psychiatrie a fait recette » puisque les 300 postes ouverts cette année vont être pourvus tandis que le choix de la gynécologie-obstétrique « semble avoir été effectué par défaut par beaucoup d’étudiants ».

L’amphithéâtre de garnison livrera ses secrets d’ici au 26 septembre. Première prise de pouls aujourd’hui. Le premier étudiant à choisir médecine générale (1) devra-t-il, comme son homologue, l’an dernier, essuyer les sifflets de l’assistance au moment de prononcer son vœu ?

> CHRISTOPHE GATTUSO

(1) Le premier étudiant à avoir émis le vœu de faire médecine générale lors de la procédure de préchoix est classé 93e aux ECN.



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