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Médecin généraliste ou distributeur de certificats ?
Médecin généraliste ou distributeur de certificats ?
13 septembre 2007

Jeune médecin généraliste installé depuis quatre ans en région parisienne, j’ai un planning bien rempli ce samedi matin. Je suis maître de stage depuis un an, et Cécile, mon interne, m’assiste au cours des consultations. Elle apprend le métier, comme disent les patients.


Par Fabien Quedeville (médecin) 12H31 11/09/2007


Jeune médecin généraliste installé depuis quatre ans en région parisienne, j’ai un planning bien rempli ce samedi matin. Je suis maître de stage depuis un an, et Cécile, mon interne, m’assiste au cours des consultations. Elle apprend le métier, comme disent les patients.

Tiens justement, quel métier je lui apprends ? A la fin de la matinée, nous faisons le point : neuf consultations, dont sept certificats médicaux pour des aptitudes sportives les plus diverses, de la danse à la gym douce en passant par le badminton.

Ah, j’oubliais, nous avons eu une urgence aussi. Ouf, ils ont appelé à temps, à 13 heures j’allais partir me reposer après mes cinquante heures de travail hebdomadaires. Quelle urgence, vous demandez-vous ? Un certificat pour le badminton, justement, bah oui, l’inscription, c’est à 14 heures.

Voilà donc le métier que je lui apprends à Cécile : rédacteur de certificats médicaux. C’est drôle, l’année où la médecine générale devient une spécialité comme les autres. Voilà dix ans d’études payées par la collectivité pour certifier. Dix ans à apprendre à prendre en charge les pathologies les plus diverses, dix ans à apprendre à soigner, soulager, réconforter, guérir.

Voilà donc ce que représente aujourd’hui, le métier de généraliste aux yeux de la collectivité. Traitement de la douleur ? Non, il est réservé aux services hospitaliers spécialisés. Petite traumatologie ? Non, elle est prise en charge par les services d’urgence. Suivi gynécologique ? Non, les gynécologues s’en occupent. Education des diabétiques ? Non, il est assuré à l’hôpital de jour de diabéto.

Certes, on peut dire que je noircis le tableau. Juste pour faire prendre conscience que ce qui occupe le temps du généraliste est de moins en moins du temps médical, mais de plus enplus du temps administratif.
Juste pour faire prendre conscience que la nouvelle génération de généralistes souhaite une médecine générale de qualité avec des missions clairement définies.

Juste pour faire prendre conscience qu’il est grand temps de les définir, ces missions.

Juste pour faire prendre conscience qu’à détourner les médecins généralistes de leur fonction première (le soin), le système de anté va droit dans le mur.

Juste pour faire prendre conscience qu’il est temps de le réformer et d’écouter les attentes de la nouvelle génération de généralistes.
Juste pour faire prendre conscience que ce ne sont pas forcément de nouvelles ressources qu’il faut pour financer le déficit de la Sécurité Sociale (ça se saurait !), mais plutôt une meilleure utilisation de celles dont nous disposons, qu’elles soient humaines ou financières.

Au fait, lundi après-midi, sur douze consultations, dix concernaient... des demandes de certificats.

Le docteur Fabien Quédeville est président du Syndicat national des jeunes médecins généralistes.



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