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Lettre ouverte au Ministre de la santé
Lettre ouverte au Ministre de la santé
5 janvier 2005

Quel que soit votre attachement personnel à la médecine spécialisée française, et tout particulièrement au syndicat qui la représente, vous ne pouvez laisser un accord conventionnel se conclure sur le dos des médecins généralistes, des professionnels de santé de proximité, des patients, de l’assurance maladie et de ceux qui la financent.


Transformer une réforme, que nous avons accompagnée, et qui repose d’abord sur le principe d’un médecin traitant - offrant à chaque patient un véritable référent médical tant pour l’accompagner dans un système de santé de plus en plus complexe, quelquefois dangereux, mais toujours coûteux que pour lui garantir une prise en charge améliorée des soins secondaires - en ouverture sans retenue des dépassements tarifaires sans aucune garantie de qualité des soins, de délais de prise en charge spécialisée et encore moins d’accès à des tarifs remboursés, tel est le résultat de ce qui fut un simulacre de négociation conventionnelle.

Au-delà de l’ouverture à la liberté tarifaire, accorder de nouvelles augmentations aux médecins spécialistes avec les économies attendues du transfert sur les complémentaires des soins des plus grands malades, des efforts de maîtrise des généralistes, et sur le dos des autres professionnels de santé ne peut que susciter un légitime vent de révolte devant le renoncement au profit des professionnels les mieux dotés.

Demander aux médecins généralistes d’assurer la fonction essentielle de médecin traitant pour tous, en ne leur donnant une rémunération que pour certains, financer sans délais la permanence des soins des médecins spécialistes et reporter sa mise en œuvre quand il s’agit de celle des généralistes, aggraver le différentiel de valeur entre généraliste et spécialiste quand il s’agit pourtant des mêmes actes pour les mêmes personnes, (vaccination des enfants ou prescription de contraception) sont reçus comme de véritables insultes par nos confrères.

Et que dire de l’ouverture d’une « option de coordination » qui diminue les cotisations sociales des médecins spécialistes en secteur II quand simultanément il y a fermeture de « l’option médecin référent » aux médecins généralistes, option qui a pourtant fait la preuve indiscutable de sa qualité pour les patients et de son économie pour le système de soins.

Il apparaît évident aujourd’hui que le directeur de l’Union des caisses d’assurance maladie vise une convention « modèle 1993 ». Elle se résume en gros aux augmentations de tarif des spécialistes, actes cliniques et techniques, à l’ouverture des dépassement tarifaires aux médecins spécialistes du secteur I, à quelques pseudo-engagements d’affichages de maîtrise déclinés sous forme de % régionaux, le tout en convention gérée en collège unique sur le modèle des Unions régionales de médecin.

Monsieur le Ministre, faudra-t-il que les généralistes refusent de signer le « formulaire » médecin traitant déjà surnommé « médecin sous-traitant » ? Faudra-t-il que les patients se révoltent devant la légalisation des dépassements d’honoraires et le recul de l’accès aux soins ? Faudra-t-il que les autres professionnels de santé descendent dans la rue pour exiger leur part ?

Monsieur le ministre, intervenez avant qu’il ne soit trop tard et que la réforme du médecin traitant, que nous avons soutenue avec bien d’autres, ne devienne, aux yeux de l’histoire, ce qui aura servi de prétexte tout autant à l’écrasement de la discipline médecine générale dans son rôle de spécialiste des soins primaires qu’à la généralisation en médecine de ville de la règle du « plus cher, plus vite, et seulement pour certains » que l’on observe dans certaines consultations hospitalières.

Dr Pierre Costes

MG France



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