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Les internes en grève pour défendre la liberté d’installation
Les internes en grève pour défendre la liberté d’installation
6 octobre 2007

Pour inciter les jeunes médecins à s’installer dans les zones « sous-médicalisées », le gouvernement envisage de conditionner le conventionnement au lieu d’installation.


Ce vendredi dans les hôpitaux, c’était « Journée sans-internes ». Déjà en grève des gardes depuis le 27 septembre, les futurs médecins ont organisé des actions symboliques pour défendre leur droit à la liberté d’installation menacée, selon eux, par le gouvernement. Don du sang à Strasbourg, conseils aux passants à Marseille... A Paris, les manifestants, près d’un millier, ont opté pour la formule « marathon », soit un footing permanent autour de la colonne de la Bastille, sous une banderole « Jogging à l’américaine, OK, santé à l’américaine, jamais ».
« Sarkozy court ? Nous aussi », commente un interne, en jogging sous sa blouse blanche parsemée d’autocollants « médecins déconventionnés = patients non remboursés » et « internes en grève pour défendre votre santé ».

La colère se cristallise notamment sur un article du projet de budget 2008 pour la Sécurité sociale (PLFSS). Face au déséquilibre de la répartition des médecins sur le territoire, le gouvernement entend décourager les internes de s’installer dans des zones déjà bien couvertes : le Sud de la France, les centre-villes. Il a donc inscrit dans le PLFSS l’article 32, qui prévoit d’adapter « en fonction des besoins de santé sur le territoire » les règles de conventionnement qui relient les praticiens à l’assurance maladie et permettent aux patients de bénéficier des tarifs remboursables.

Autrement dit, dénoncent les organisations mobilisées (l’ISNCCA, chefs de clinique assistants, l’Isnih, internes des hôpitaux, le SNJMG, jeunes généralistes), de ne plus conventionner les médecins qui s’installeraient dans des zones « surmédicalisées » par rapport à la moyenne (151 médecins pour 100 000 habitants). Et donc, selon les grévistes, d’ouvrir la porte aux assurances privées pour décharger la sécurité sociale, sous couvert de rétablir l’équilibre de l’accès aux soins.

« Le problème de l’inégalité dans la répartition des médecins sur le territoire est un faux prétexte, assure Fabien Quédeville, Président du SNJMG. Il y a c’est vrai des zones sous-médicalisées, mais ce sont de micro-zones, qui concernent 0,6% de la population. Si nous défendons aujourd’hui la liberté d’installation, ce n’est pas pour défendre un quelconque privilège mais bien l’accès aux soins de proximité. »

Plutôt que le « déconventionnement », les internes prônent des mesures incitatives pour la médecine générale dans les zones délaissées : avantages fiscaux, majoration des consultations, mais aussi une meilleure organisation des permanences, le développement des maisons de santé, le maintien d’un réseau de petits hôpitaux de proximité, et enfin davantage d’information et de stages au cours des études. Des mesures pour certaines préconisées dès 2003 par le rapport Berland sur la démographie médicale, rappellent les grévistes.

« Aujourd’hui, un médecin installé à la campagne est totalement seul, dit Thomas, 31 ans, qui finit son internat en chirurgie pédiatrique a Necker à Paris dans un mois. Comme dans ces régions de plus en plus d’hôpitaux ferment, si on vient le voir pour un infarctus ou même pour une radio, il est démuni. Envoyer les jeunes médecins à l’abattoir par des mesures coercitives n’est certainement pas la solution. Il faut rendre cette médecine attractive, pas l’imposer. »

A côté de lui, Nicolas, en médecine générale à Créteil, ne serait par contre « aller en Picardie », région réputée dans les facs de médecine pour manquer de médecins. Mais « pourvu qu’on (lui) donne les moyens d’exercer dans de bonnes conditions ».

Guillaume, 28 ans, interne en ophtalmologie, dénonce aussi « le double-langage du gouvernement qui fait tout depuis vingt ans pour diminuer le nombre de médecins et d’hôpitaux, et veut maintenant le faire payer aux jeunes médecins. » Pour lui comme pour les autres internes en grève, la conséquence directe du « déconventionnement » est claire : en décourageant les étudiants de s’orienter vers la médecine générale, on aggravera la pénurie de médecins.

Monica, Allemande, dix ans d’études en médecine et cinq ans de recherche à son actif, en témoigne : « Il s’est passé exactement la même chose en Allemagne : ils ont imposé des affectations, et maintenant c’est la pénurie. Ils sont obligés de recruter des médecins des pays de l’Est, mal formés et sous payés, pour couvrir les besoins. » C’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle est arrivée en France en 2000 : par « peur d’être envoyée dans une zone rurale et de ne pas pouvoir faire face. »

« Vous faites dix ans d’études, une fois en internat vous travaillez 70 heures par semaine pour 1400 euros par mois, et à 30 ans, quand vous commencez à avoir une famille, on vous impose une affectation, reprend Guillaume. J’aime ce que je fais, mais il y a de quoi décourager les vocations. Moi, si ça m’arrive, c’est pas compliqué, je vais voir ailleurs : à l’étranger, ou dans l’industrie pharmaceutique. Et croyez-moi, ce n’est pas les propositions qui manquent. »

http://www.liberation.fr/actualite/...



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