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Le projet de convention CSMF-SML ou la négation de la médecine générale et son génocide programmé
Le projet de convention CSMF-SML ou la négation de la médecine générale et son génocide programmé
5 janvier 2005

Ce projet de convention a provoqué chez moi, un rejet viscéral, une sensation de dégoût, l’accumulation de petites phrases, de détails, de vexations qui suintent de ce texte, me laisse à la réflexion un sentiment d’incompréhension : comment les signataires, peuvent-ils ressentir autant de mépris et même de haine pour la médecine générale et les médecins généralistes ?


Car ne nous trompons pas ce qui transpire de ce texte c’est la négation de la médecine générale, et sa mort programmée.

En effet, nous pouvons y lire et y relire à souhait que tous les médecins quelles que soient leurs spécialités peuvent se déclarer médecin traitant, c’est-à-dire apte à remplir les missions de soins primaires qui définissent notre spécialité : la médecine générale.

Pas besoin de diplôme, de formation et encore moins de compétences, passée la première année tout étudiant en médecine acquière le don de la médecine générale et il le possèdera à vie...

Quid du cursus universitaire spécifique des étudiants qui choisissent la médecine générale ?

Quid de la spécialité médecine générale reconnue par l’université française ?

Quid des stages chez le praticien, encadrés par des maîtres de stages médecins généralistes ?

Quid des professeurs d’université en médecine générale ?

Quid des acteurs de la formation médicale continue indépendante spécifique de la médecine générale : animateurs, organisateurs, concepteurs, experts, tous médecins généralistes ?

Quid de la définition de notre spécialité tant sur le plan national qu’international ?

Nous nous retrouvons face à cette conception archaïque où tout médecin était généraliste avant d’être spécialiste, cela me rappelle l’époque où par une déclaration solennelle, à la demande du conseil de l’ordre, des médecins, chirurgien, ophtalmo, gastro-entérologue..... se sont autoproclamés compétents en médecine générale. C’est le même état d’esprit qui sous tend ce projet de convention.

Il ne viendrait à personne l’idée de classer les spécialités entre elles (un cardio est-il supérieur à un rhumato ou à un dermato) pas même, pour notre ministre de la santé ni pour les signataires de ce pré accord. Bien évidemment toutes les spécialités sont égales. Toutes ? Non ! Toutes sauf une, la médecine générale parce qu’elle n’existe pas !

En effet quel est le meilleur moyen de nier un génocide ? C’est de dire que la population concernée n’existe pas.

Des lors cette convention trouve tout son sens : elle définit une sous spécialité avec ses caractéristiques :

* Ecart de rémunération de près de 40%, pour les mêmes actes.
* Pénibilité du travail par l’obligation de respecter des horaires insensées ( il faut remarquer que la permanence des soins n’existe dans la pratique, contrairement au texte, que pour la médecine générale).
* Pénibilité du travail par l’absence de moyens : pas ou peu de secrétariat, matériel insuffisant, pas d’assistant . Notre sous spécialité à en effet un chiffre d’affaire individuel moitié moindre que celui de la plupart des autres spécialités et cette convention va aggraver ce différentiel. Comment dès lors pourrions nous espérer faire progresser notre mode d’exercice ?
* Suppression de l’option médecin référent jugée trop coûteuse alors que le bilan financier de cette option sur 5 ans sur plus de 7000 médecins et plus d’un million et demi de patients est jugé positif pour les caisses qui souhaitent la poursuivre et que se sont les seuls syndicats signataires qui exigent sa suppression. Il est vrai que cette option permettait aux médecins qui le désiraient, d’améliorer leurs conditions d’exercice et d’égaler celui des autres spécialités, totalement inacceptable pour une sous spécialité.

Au total c’est la mise à mort de la spécialité médecine générale par défaut de recrutement :

En effet ce projet de convention isole une spécialité de toutes les autres par la pénibilité des conditions de travail, sa rémunération moindre, et bientôt des obligations géographiques d’installation pour les derniers volontaires, les pauvres mesures incitatives étant vouées à l‘échec.

Le fait d’isoler une population parmi les autres, de lui attribuer des conditions de vie spécifiques qui amènent à sa disparition, c’est cela un génocide. C’est ce que nous allons vivre.

Ce triste constat n’est malheureusement pas un fantasme né de mon imaginaire, l’appel du CNGE, les prises de position des syndicats de généralistes, y compris de certains syndicats départementaux normalement signataires, les prises de position de médecins engagés dans la formation, confirment le malaise enregistré chez l’ensemble des médecins généralistes

Quels moyens d’action avons-nous, face à ce désastre programmé, sur le plan individuel, sans bouger de notre cabinet, à mon sens un seul mais il est suffisant s’il est massif,

Il nous faut opter pour l’option médecin référent, non par choix ou conviction mais parce que c’est la seule arme qui nous ayons pour montrer aux signataires notre refus de ce texte, notre refus de ce génocide.

Rien ne vous empêchera d’annuler cette option ensuite si elle vous paraît non adaptée ou de la faire évoluer...

Rien ne vous empêche, au contraire, de vous associer aux différents mouvements de contestation qui fleurissent...

Dino Cabrera estimait que l’extension de l’OMR à tous les patients aurait un coût de 2.5 milliards d’Euros totalement inacceptable, et bien banco pour moi, c’est le coût de notre dignité retrouvée...Nous pourrons toujours discuter après, de l’utilisation de ce budget ! Budget qui de plus, peut être compensé par des modifications de nos prescriptions et être source d’économie !

Une adhésion massive des médecins à l’OMR alors que les syndicats signataires en ont fait le préalable à leurs signatures, ne peut avoir d’autre signification que le rejet de leur convention qui méprise notre discipline.

Le choix de devenir médecin référent n’est plus une option syndicale, une conception plus ou moins libérale de notre exercice, c’est le moyen de dire non au médecin traitant, non à cette convention qui veut tuer notre spécialité la médecine générale.

En pratique contactez vos Caisses d’assurance maladie pour obtenir le formulaire d’adhésion ou chargez ce formulaire en ligne sur le site de MG France ( www.mgfrance.org ) , et renvoyez le signé avant le 15/01/05 a votre Caisse d’assurance maladie (si possible en recommandé accusé de réception).

Et diffusez ce message autour de vous.

Notre ministre espère 40% de médecins traitants en juillet 2005, offrons-lui 60 % de médecins référents au 15/01/05 et démontrons lui que ce texte est mort avant d’être né et surtout que la médecine générale existe partout de l’université à l’enseignement post universitaire et surtout sur le terrain par vous !
Nous authentifierons ainsi une discipline à part entière, notre discipline, la médecine générale bien plus qu’en allant prendre des vacances en Angleterre ou en Espagne.

Texte communiqué par Pierre Gheeraert



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