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La PDS obligatoire, déroute syndicale ou début d’une grande arnaque ?
La PDS obligatoire, déroute syndicale ou début d’une grande arnaque ?
22 novembre 2008

La CSMF vient de financer un sondage très particulier qui, ô surprise, témoignerait d’un désir de grand retour des contraintes de la PDS obligatoire chez les médecins pour 58% des médecins sondés.

Hélas la question posée à ces médecins ne figure pas dans le rapport de l’enquête, première ombre au tableau.



Sur le site de la CSMF on retrouve le sondage en question où 501 médecins sont interrogés. Mais tous ne sont pas généralistes loin de là : 270 médecins généralistes et 231 médecins spécialistes. Autre critère, 54% des médecins interrogés ont plus de 50 ans, et 12% plus de 60 ans. Enfin, autre biais pour la PDS des généralistes, pour le quart d’entre eux, les médecins sondés sont en secteur 2.

Premier biais, de taille, le sondage porte majoritairement sur des médecins non concernés par la PDS généraliste ou qui en serait dispensés.

En allant encore plus loin on découvre que 72% des médecins sondés vivent dans des villes de plus de 200 000 habitants où l’offre de soins PDS est pléthorique, la régulation laxiste, la PDS rentable. Seuls 13 % des médecins interrogés sont des médecins ruraux !

Deuxième biais bien compromettant, le sondage porte essentiellement sur des médecins installés dans les grandes agglomérations où l’on retrouve SOS médecin et les SAU.

Les femmes interrogées ne représentent pas le tiers de la population sondée alors qu’elles tendent à devenir majoritaires et qu’elles sont très hostiles en général, à la surcharge nocturne et dominicale que représente la garde.

Il est facile de comprendre la suite. Le sondage ne reflète en rien la réalité des médecins généralistes libéraux qui seraient éventuellement concernés par un retour en force de la PDS obligatoire.

Il aurait été moins coûteux et encore plus parlant pour la CSMF d’aller faire ce sondage chez nos députés ou auprès de la population…On aurait atteint le vrai plébiscite de la garde obligatoire à plus de 99% d’avis très favorables !

Qui paye, combien, pour obtenir quoi ?

Ce sondage a donc été financé par un syndicat de médecins généralistes et surtout spécialistes en cours de négociation conventionnelle sous le prétexte généreux d’interroger la base….

On peut rester surpris par tant de prévenance pour un syndicat qui, depuis plusieurs mois tend la main aux médecins pour y percevoir une obole en vue de payer une condamnation.

L’enjeu doit donc être de taille puisque le coût de ce sondage dépasse certainement l’amende infligée et qui pose pourtant un problème de financement.

Quel est donc le véritable enjeu de ce sondage ?

A l’évidence réintroduire l’obligation de la garde tout en la présentant comme un désir des médecins eux-mêmes. Couleuvre tellement énorme à faire avaler aux médecins qu’un tel sondage même biaisé mais dont les conclusions sont reprises ad libitum sur les médias en tous genres était un habile stratagème.

Le coût du sondage fait craindre une chausse-trape à la hauteur de l’énormité de ses conclusions. Le motif en est la PDS dont le volontariat serait malmené en échange de quelque chose de suffisamment important pour ce syndicat : la signature de quoi contre un retour de l’obligation de PDS ?

Le syndicat MGFrance serait-il de la partie ?

Est-ce le hasard du calendrier, cette étude est publiée en même temps que le syndicat MGF lance sa grande offensive PDS et tente de promouvoir un numéro unique pour la régulation médicale libérale distinct du 15.Les deux syndicats se sont beaucoup rapprochés ces temps-ci allant même jusqu’à co-fonder un collège de médecine générale autoproclamé. Ils se sont aussi rapprochés dangereusement du directeur de l’UNCAM et semblent prêts à signer des textes bien épineux pour la profession. On garde un souvenir ému des CAPI et autres propositions ahurissantes telles les taxes à l’installation en zone urbaine …

Gageons qu’avec une telle étude en préambule, la note risque d’être salée en horaire de travail nocturne et dominical, au plus bas prix pour les médecins généralistes libéraux. Bien entendu, aucune échappatoire aux gardes ne sera possible, du moins dans le cadre légal.

Rétablir la réalité :

- 32% seulement des médecins généralistes installés participent à la permanence des soins en France (ce serait donc très surprenant d’en trouver soudainement une majorité désireux de rendre la PDS obligatoire)

- La PDS nuit à la qualité du travail de médecin traitant soit par l’accumulation de la fatigue des médecins qui travaillent la nuit et le jour soit par l’absentéisme des médecins qui se reposent le jour après une nuit de garde.

- La PDS n’a actuellement pas de cadre légal et le médecin qui y participe peut être mis en cause de diverses façons :soit lorsqu’il travaille au-delà des limites du raisonnable (le juge appréciera),soit parce que son assureur ne prendra pas en charge les sinistres occasionnés par l’exercice dans le cadre d’une mission de service public, soit lorsqu’il ne dispose pas des compétences requises pour intervenir ni du matériel adapté, soit lorsque ses délais d’intervention paraissent (au juge) trop longs ,soit parce que son prestataire de téléphonie mobile ne couvre pas l’intégralité du secteur où il est sensé intervenir.

- Depuis que la participation à la PDS se fait sous l’illusion du volontariat, les réquisitions préfectorales touchent chaque année un département sur deux en France.



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