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La médecine française ne va pas bien
La médecine française ne va pas bien
8 juin 2005


Le président de l’académie de médecine estime que les mesures d’économie ont des effets négatifs

A propos du colloque organisé le 1er juin par l’Académie de médecine à la Fondation Singer-Polignac sur le thème « La médecine française au début XXIe siècle », « Panorama » a interrogé le Pr André Vacheron, président de l’Académie, sur les principaux problèmes auxquels la pratique médicale se trouve confrontée.

Panorama du Médecin : La médecine française est-elle encore la meilleure du monde ?
Pr André Vacheron : Oui, elle l’est, mais, paradoxalement, elle ne va pas bien. Car la médecine est devenue un bien de consommation gratuit, pris en charge sans limites, et, malheureusement, l’économie de la santé et l’Assurance maladie ne peuvent pas suivre. De plus, beaucoup de mesures proposées pour contenir l’évolution des dépenses de santé ont eu des effets négatifs.

Quels sont les principaux problèmes structuraux auxquels les médecins doivent faire face ?
On assiste à un engorgement des urgences et des services spécialisés dans les hôpitaux, parce qu’on a supprimé de nombreux services hospitaliers, notamment au sein de l’Assistance publique, pour les regrouper dans des grands pôles de soins. Ceux-ci, à l’instar de l’hôpital européen Georges-Pompidou, sont magnifiquement équipés, mais la conséquence de ce regroupement est une certaine lenteur à répondre aux demandes des consultants, en ce qui concerne les examens complémentaires et les hospitalisations nécessaires.
Cette situation est aggravée par le vieillissement de la population. Il y a actuellement plus de 12 millions de sujets ayant dépassé la soixantaine en France, dont 800 000 sont en perte d’autonomie. Beaucoup de services actifs de spécialités reçoivent ces personnes âgées, handicapées, qui ne vont évidemment pas sortir au bout de quelques jours. Et, en 2020, on comptera 4 millions d’octogénaires en France.

Comment passer d’une médecine de soins à une médecine de prévention ?
Tout d’abord, en identifiant bien les facteurs de risque des pathologies qui entrent dans le cadre de cette prévention. On en connaît les principaux, et il se trouve que ce sont les mêmes pour les maladies cardiovasculaires et pour le cancer. Soit le tabac, l’alcool, l’excès de graisses saturées, la sédentarité, l’obésité et dans l’alimentation, le déficit en fruits et en légumes.
La connaissance de l’étiologie des pathologies est également indispensable à une prévention efficace. Pour les maladies cardiovasculaires, le mécanisme de survenue de l’athéro-sclérose est bien connu. En revanche, on ne connaît pas la cause de la plupart des tumeurs cancéreuses. Mais dans le cas de certains cancers professionnels, comme les mésothéliomes pleuraux dus à l’amiante par exemple, il est possible de prendre des mesures préventives. Il est donc clair que la prévention en médecine passe surtout par la maîtrise de facteurs environnementaux, notamment alimentaires. Sur ce dernier plan, elle doit commencer dans les familles et à l’école. D’autant que l’on estime actuellement que 13 à 14% des enfants français sont en surpoids.

Quel peut être le rôle du généraliste dans cette démarche de prévention ?
Il doit prendre un peu de temps pour essayer de savoir dans quelles conditions vit son malade et comment il peut améliorer son espérance de vie. Cependant, cette approche est chronophage. Il faudrait donc instaurer dans la nomenclature une codification de la consultation de prévention pour permettre au généraliste de la pratiquer dans de bonnes conditions.

Le principe de précaution a-t-il été appliqué avec excès ?
Il est sûr que ce principe, fortement envahissant, gêne les médecins dans leur pratique quotidienne. A force d’avoir peur de méconnaître une pathologie grave et de passer à côté de la cause d’une maladie qui paraît bénigne, et qui peut être le reflet d’un cancer, le praticien multiplie les examens complémentaires onéreux. Le principe de précaution a donc parfois des retombées négatives pour l’économie de la santé.



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