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L’honneur perdu du médecin généraliste
L’honneur perdu du médecin généraliste
21 avril 2008

Parler d’honneur perdu pour une profession régulièrement portée au pinacle médiatique par les politiques peut paraître paradoxal. Et pourtant, la médecine générale n’en peut plus et agonise sous les coups de boutoir conjugués du ministère de la santé et de celui des universités.


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Par Dominique Dupagne

Parler d’honneur perdu pour une profession régulièrement portée au pinacle médiatique par les politiques peut paraître paradoxal. Et pourtant, la médecine générale n’en peut plus et agonise sous les coups de boutoir conjugués du ministère de la santé et de celui des universités.


Comme la désertification du Sahel ou la fonte des glaces arctiques, cette agonie est visible surtout dans les campagnes où les généralistes ne sont plus remplacés, ni pendant leurs vacances, ni après leur retraite.

Je n’ai pas inventé ce titre : c’est celui d’un article de Marie Jaisson dans la revue Actes de Recherche en Sciences Sociales. Bien qu’il date de 2002, il reste d’une actualité criante. Il explique notamment les raisons historiques qui conduisent certains spécialistes hospitaliers à considérer les généralistes comme des sous-médecins, indignes de former leurs pairs, d’obtenir les mêmes titres universitaires qu’eux, et de devenir les véritables spécialistes de leur profession. Pour eux, le seul lieu d’excellence est l’hôpital et ils assimilent les MG pourtant spécialistes en soins ambulatoires à des « officiers de santé ».
Quelques chiffres résument bien la situation :

- Parmi la soixantaine de médecins conseillers de Xavier Bertrand, ne figurait qu’un seul généraliste [1].
- Les généralistes représentent 50% des médecins formés par l’université. Mais les moyens en hommes et en locaux que l’université met à la disposition de la médecine générale ne dépassent pas 10% des ressources globales.
- Il y a en France dix fois plus de professeurs des universités dans chaque spécialité d’organe [2] qu’en médecine générale. Celle-ic a pourtant obtenu le statut légal de spécialité médicale, au même titre que la cardiologie ou la pneumologie par exemple. Actuellement, un spécialiste d’organe qui n’a pas été formé en médecine générale (l’immense majorité) ne peut prétendre l’exercer, tant ce métier nécessite des connaissances spécifiques dans de nombreux domaines, connaissances reconnues par ce nouveau statut de spécialiste.

Cette situation perdure depuis plus de 20 ans, avec des avancées réelles mais si peu significatives qu’elles constituent finalement plus des alibis pour maintenir le statu quo :
- Création de quelques postes de professeurs associés, CDD strapontins éphémères ne permettant pas de se projeter dans l’avenir universitaire. Le principe d’un poste de professeur pour 3 ans n’est pas totalement absurde si l’on veut assurer un renouvellement des élites, mais il doit concerner alors toutes les spécialités et non justement ceux qui, libéraux exclusifs, ne peuvent se permettre de s’investir sans visibilité à long terme.
- Création de « départements de médecine générale » sous dotés en moyens humains (une secrétaire à plein temps est souvent une victoire...) et matériels.
- Enseignement du troisième cycle de médecine générale réalisé par des généralistes ne bénéficiant d’aucun statut et quasi bénévoles. Faut-il être passionné par son métier pour accepter d’enseigner dans de telles conditions !

Quelques chiffres qui frappent l’esprit : 50% des futurs médecins formés seront des spécialistes en médecine générale. Pour former ces spécialistes pendant les 3 ans de leur troisième cycle, il existe actuellement une poignée de professeurs titulaires et une centaine d’enseignants associés mi-temps en CDD.

Pour former l’autre moitié des effectifs (les étudiants qui seront spécialistes d’organe), il existe 5000 enseignants titulaires à plein temps.

Certes, l’université est pauvre, très pauvre. Les spécialistes d’organe utilisent en grande partie leurs structures hospitalières et le personnel hospitalier pour gérer leur activité universitaire ; mais il existe dans les locaux universitaires des laboratoires de sciences fondamentales, de pharmacologie, d’anatomie, certes indispensables également, mais qui n’ont pas vocation à monopoliser les ressources dédiées à l’enseignement universitaire.

Voir la suite sur l’article original du site Atoute.org



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