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Communiqué de presse du CNGE
Communiqué de presse du CNGE
28 septembre 2005


Disparition programmée des médecins généralistes, médecins traitants dont ont besoin les français. Le collège national des généralistes enseignants (CNGE), tire la sonnette d’alarme.

Au lendemain des résultats de l’Examen Classant National et des choix de spécialité faits par les étudiants, le CNGE réaffirme son inquiétude et souhaite alerter les décideurs des conséquences catastrophiques de ces choix. Près de 1000 postes de Médecine Générale ne sont pas pourvus dans l’ensemble des facultés de médecine françaises. Cette situation grave, prévisible, annoncée, se répète pour la deuxième année consécutive et n’a fait l’objet d’aucune mesure correctrice. Elle confirme l’incohérence d’un système qui ne tient pas compte des besoins de santé et des évolutions démographiques à venir.

Les médecins généralistes sont plus que jamais indispensables pour assurer les missions de premier recours, de synthèse et de coordination pour lesquelles ils sont les seuls à être formés. A ce jour, nous savons que 9000 médecins, en majorité des généralistes, cesseront leur activité professionnelle chaque année pendant environ 10 ans, le potentiel de remplacement étant inférieur à 3000. Moins de 20 % des internes de Médecine Générale envisagent de s’installer en ambulatoire (cabinet de ville ou de campagne), beaucoup préfèrent travailler au sein de structures hospitalières et acquérir des formations complémentaires au sein de DESC. Dans les 10 ans à venir, c’est donc un minimum de 15000 médecins généralistes qui manquera dans notre système de soins sans parler des inégalités géographiques déjà lourdes de conséquences.

La création du DES de médecine générale permet d’améliorer la formation des futurs médecins généralistes, mais faut-il encore que les étudiants se destinent à ce métier.

Pour former les généralistes de demain il faut tout d’abord mettre en place une véritable politique cohérente d’incitation, de formation et de recrutement des futurs médecins généralistes.

Il faut de toute urgence :

1- que la médecine générale prenne toute sa place à l’université.

Dans le deuxième cycle : Mettre en place IMMEDIATEMENT le Stage de Médecine Générale dans le deuxième cycle des études médicales pour permettre le choix éclairé de la spécialité Médecine Générale. Nous savons que le choix de l’exercice futur est fortement influencé par un processus d’identification. Il est inacceptable et indécent qu’au moment de choisir la filière Médecine Générale, les étudiants n’aient pas pu bénéficier de l’opportunité de découvrir la médecine et les médecins qui incarnent notre discipline. Pour cela, il faut mettre à disposition le budget nécessaire pour organiser ce stage dès Novembre 2005. Les expériences réalisées l’année passée confirment l’intérêt que portent les étudiants à ce stage. De plus l’article 12 de l’arrêté du 4 mars 1997 précise que « pour valider la deuxième partie du deuxième cycle des études médicales, le candidat doit avoir validé le stage auprès d’un médecin généraliste ». Combien de temps encore resterons nous en situation illégale ?

Mettre fin aux dérives de la réforme du 2ème cycle qui dans bien des facultés réintroduit l’hyperspécialisation. Il est indispensable que la Médecine Générale soit plus intégrée au sein des enseignements des modules transversaux du deuxième cycle. Les enseignants de Médecine Générale sont disponibles pour participer au travail.

Dans le troisième cycle : Mettre en place la filière universitaire de Médecine Générale, pour répondre aux attentes des internes du DES. Améliorer le statut des maîtres de stages, des attachés et chargés d’enseignement. Préciser le cahier des charges pour les chefs de clinique et les chercheurs, futurs cadres de la discipline. Augmenter le nombre d’enseignants associés dans les UFR et accélérer le processus de titularisation des enseignants.

2- que la médecine générale soit reconnue dans le paysage professionnel

Reconnaître cette spécialité comme seule légitime pour assurer la mission de médecin traitant définie par la loi d’août 2004. La rendre attractive pour les étudiants en programmant l’équivalence des statuts, des rémunérations et des conditions de travail dans toutes les spécialités y compris la Médecine Générale.

En l’absence d’application rapide de ces mesures, nous réaffirmons que le système de distribution des soins en France est en danger, avec en particulier la disparition des médecins généralistes en milieu rural, semi rural et péri urbain.

Il y a URGENCE.

Professeur Pierre-Louis DRUAIS Président du CNGE



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