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Sur la question de la PDS (Tentative de mise au point)
Sur la question de la PDS (Tentative de mise au point)
22 mai 2007


Je voudrais ici faire une tentative de mise au point sur la question de la PDS, notamment pour les confrères qui s’écharpent avant de s’être écoutés :

Tout d’abord quelques assertions fausses mais qui persistent à rester des références pour certains :
  1. La PDS est l’affaire des médecins libéraux
  2. La PDS est l’affaire des médecins généralistes
  3. Il est normal pour un généraliste de faire des gardes
... et les raisons de leur caractère « faux » :
  1. La PDS est une mision de service public à laquelle participent les libéraux qui le souhaitent. (voir les textes ad hoc)
  2. C’est contraire à la déontologie (« tous les médecins doivent participer »), à la réalité (que fait-on du service public hospitalier ?), mais hélas consacré par l’usage. Ce qui ne veut pas dire que cela reste l’apanage exclusif des généralistes contrairement à ce que beaucoup pensent.
  3. C’était « normal » jusqu’à la prise de conscience collective lors du mouvement de protestation de 2002 (terme à préférer à celui de « grève » qui n’a pas vraiment eu lieu) qu’on pouvait, nous aussi, avoir une nuit de repos entre deux journées de travail. Depuis, grâce à l’activisme de certains confrères et malgré les réticences de certains autres, sans détailler davantage, a été établie la notion de volontariat, qui laisse le choix à chacun de participer à le PDS. Théoriquement du moins.
Quelques vérités bonnes à rappeler (je sais ça fait prétentieux de « dire la vérité » mais lisez plutôt) :
  1. Il y a des médecins qui travaillent beaucoup et d’autres qui travaillent moins
  2. Dans le système de paiement à l’acte exclusif actuel, ceux qui travaillent beaucoup gagnent plus d’argent que ceux qui travaillent moins
  3. Nous sommes des libéraux c’est à dire que seule notre volonté individuelle nous guide pour choisir entre les deux modes d’activité précédents, et dans tous les modes intermédiaires entre le beaucoup et le moins, selon le temps que nous souhaitons consacrer à notre famille, à la peinture, à la pêche à la mouche, à la FMC, à l’éducation de nos enfants ou au clavardage sur les forums internet. Ces choix peuvent évoluer au cours de la vie d’un même individu, cela va sans dire (mais toujours mieux en le disant).
  4. La liberté de choix précédent se heurte aux nécessités de la PDS, où le P de permanence impose un partage du temps entre les professionnels concernés. Et c’est là que l’on constate, en se rendant compte de la fausseté de la prémisse « seuls les généralistes sont concernés » (voir plus haut), que la mutualisation entre professionnels de santé est impérative. Mutualisation veut dire partage. De préférence équitable. Obligatoirement respectueux des possibilités (et donc des choix) de travail et de repos de chacun. Nous voici au volontariat bien compris.
  5. Rappelons encore que libéral veut dire libre, non pas vis-à-vis d’une déontologie qui doit rester équitable (c’est à dire ne pas peser sur seulement une partie du corps médical), mais vis-à-vis de la coercition extérieure. Si on préfère le statut de salarié à celui de libéral on va travailler dans la structure idoine, qui exige des heures de permanence, et de laquelle on peut en retour exiger des heures de repos (raisonnables, et du reste imposées).
  6. Quel argument solide opposer au besoin de repos d’un médecin ? Quelle argutie peut justifier qu’un hospitalier a des horaires de travail limités à 48 heures hebdomadaires, et qu’il n’y aurait pas de limite pour son confrère libéral ? La limite est propre à chacun, comme précisé plus haut. Dépasser ces limites pour satisfaire à une mission de service public à laquelle on ne veut pas consacrer de moyens est dangereux, pour les patients comme pour le soignant. Certains peuvent faire ce choix, et en assumer alors les conséquences à titre personnel. Mais qu’on l’impose à quelqu’un est un scandale.
De tout ce fatras (je suis quand même objectif) il découle :
  1. Que vouloir imposer des horaires à des libéraux est antinomique. Que cette contrainte vienne des pouvoirs publics n’est pas acceptable (ils n’ont qu’à nous salarier), qu’elle vienne de confrères qui font d’autres choix que les nôtres n’est pas plus acceptable, qu’elle vienne d’une institution comme le Conseil de l’Ordre est inique, qu’elle vienne de l’URML ou de certains de ses membres est surréaliste.
  2. Que l’amélioration actuelle de la PDS est réelle (c’est mieux de faire des gardes régulées de 20h à 24h que sans filtre et toute la nuit, c’est mieux d’être indemnisé que de ne pas l’être, c’est mieux d’être beaucoup à se partager la PDS que pas beaucoup etc.). Mais cette amélioration est venue de nous, des « médecins d’en bas », toujours extorquée, face à des institutions (y compris les nôtres, voire même des syndicats censés nous représenter) qui ne voyaient tout simplement pas pourquoi il fallait changer un système qui donnait satisfaction. La démographie, notamment en rural, nous a aidé à faire comprendre que ça ne pouvait pas durer. En ville, des structures libérales comme SOS Médecins qui n’ont pas plus de qualité ni de défaut qu’un confrère installé en libéral, ont facilité une évolution vers plus de confort pour les confrères z’et soeurs, sans heurt.
  3. Qu’il est non seulement vain mais aussi méprisant de s’opposer frontalement au souhait de la vraie majorité d’entre nous, majorité prouvée, qui s’est exprimée clairement lors des élections aux URML, avec le résultat que l’on sait, qui sera peut-être un de ces jours admis par ceux qui continuent à se cramponner à leur siège.
  4. Que si certains d’entre nous voulaient bien lever le nez de leur guidon (profesionnel) ou bien enlever leurs oeillères (idéologiques), nous aurions pu depuis longtemps présenter un front commun à nos « partenaires » institutionnels, et la question serait réglée depuis longtemps. Au lieu de cela, des confrères sont encore réquisitionnés, on persiste à envoyer la nuit et sans sécurité aucune des consoeurs pour des visites faute de financement d’un moyen de transport, et - cerise sur le gâteau - il reste quelques indécrottables disciples du Commandant Stallone qui promettent à leurs contradicteurs de leur « péter la gueule » à la première occasion.

C’est bien triste.

C’est fatigant, aussi.

Jacques ROUILLIER - 35350 Saint Coulomb



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