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A Nanterre, des médecins s’interrogent sur la réforme
A Nanterre, des médecins s’interrogent sur la réforme
11 février 2005


SANTÉ Un vade-mecum adressé aux professionnels

Alors que les généralistes de MG-France ont rejeté à 98% la nouvelle convention et programmé une grève le 5 mars, gouvernement et syndicats signataires se démènent pour convaincre. L’assurance-maladie vient d’adresser un vade-mecum à chaque médecin. Selon un sondage publié aujourd’hui dans Impact Médecine, seul un tiers des généralistes (33%) se dit prêt à s’engager comme médecin traitant dans les « conditions actuelles de la nouvelle convention », 42% « à condition que la rémunération des médecins généralistes soit revue à la hausse ».

Ils sont venus écouter la CSMF, premier syndicat médical, leur expliquer le nouveau parcours de soins : 50 médecins, tous adhérents d’une amicale nanterroise, intrigués ou inquiets, sont sagement assis dans un restaurant.

Face à ce public averti, le syndicat entre franchement dans la technique, parle par sigles et multiplie les tableaux. Confusément, on comprend qu’il veut montrer qu’aucun médecin ne sera lésé par la réforme. Mais l’auditoire suit mal, ou si peu. « Cela vous paraît complexe, mais cela ne l’est pas », s’agace alors Michel Chassang, le président de la CSMF. La salle, souvent habituée à « coter » ses actes comme elle l’entend, prend bonne note.

Au milieu de la présentation, le directeur de l’assurance-maladie, Frédéric Roeckeghem, fait son apparition. Son message tient en peu de mots : les médecins doivent s’impliquer. Au passage, celui qui était encore il y a peu le directeur de cabinet de Philippe Douste-Blazy explique doctement qu’« on a pris un risque politique important en choisissant de ne pas aller contre le corps médical, et qu’on est attendu au coin du bois ». Visiblement, l’auditoire n’est pas très sensible à l’argument et ne comprend pas bien qui est ce « on » – le ministre ? le syndicat ? la Caisse ? – qui s’est tant battu pour lui. Ici, les médecins pensent surtout conditions d’exercice, tarifs et clientèle et s’inquiètent du changement. Ils se divisent d’ailleurs en deux, les spécialistes d’un côté, les généralistes de l’autre. Même si tous ont l’habitude de travailler ensemble, chacun voit la réforme à sa porte : les généralistes craignent d’avoir trop d’affluence dans leur cabinet, les spécialistes plus assez.

« Les médecins traitants vont envoyer des patients chez des spécialistes qu’ils connaissent. Comment nous, jeunes médecins, allons-nous nous faire connaître ? », demande une femme, tandis qu’une autre estime que les généralistes « n’ont pas le niveau en proctologie » et qu’il n’est donc pas logique de supprimer l’accès direct à cette spécialité. « Nous fonctionnons à deux, l’un le matin l’autre l’après-midi. Qui va être médecin traitant, puisque nous nous partageons les patients ? », demandent deux médecins, sans obtenir de réponse claire.

Ceux qui pratiquent des honoraires libres écoutent d’une oreille distraite : ils ont cru comprendre que « cela ne les concernait pas ». En fin de soirée, un chirurgien demande si ses dépassements d’honoraires – plusieurs dizaines d’euros pour une consultation, 1 000 pour une opération – continueront à être pris en charge par les mutuelles. Devant la réponse embrouillée de la Caisse maladie (Cnam), il pâlit : « Si ce n’est plus le cas, je peux mettre la clé sous la porte », déclare-t-il.

A la sortie, un généraliste résume : « Je vais essayer leur truc, mais si cela ne marche pas, tant pis. » Les représentants de la Cnam, eux, remarquent qu’il y a « encore du boulot » d’explication à faire. Quant au président de la CSMF, il se réjouit : « Vous avez vu ? Personne ne s’oppose à la convention. C’est cela qui est important. »

Claire Bommelaer
[10 février 2005]



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