Les hausses de tarifs sont désormais strictement conditionnées à la réussite des objectifs d’économies.
Ils se sont réveillés avec la gueule de bois. Au lendemain de la présentation du PLFSS, les syndicats médicaux sont tombés de haut même si les rumeurs des couloirs ministériels laissaient augurer de mauvaises nouvelles. Les hausses de tarifs sont désormais strictement conditionnées à la réussite des objectifs d’économies. Mieux encore, l’assurance maladie est mandatée pour proposer aux médecins des contrats d’objectifs individuels assortis de « primes au résultat. » Pour les conventionnistes, c’est tout le fragile édifice construit en 2005 qui vacille sur ses bases. Pourtant la piste du contrat individuel était en germe depuis avril, lorsque le directeur de l’Uncam avait présenté les contours de la maîtrise médicalisée 2007-2008, fixés par l’avenant 23. A l’époque, promis, les objectifs individuels n’étaient en aucune façon opposables. Désormais, rien n’est moins sûr. Cette nouvelle tendance illustre à merveille le meilleur et le pire de la philosophie Sarkozy. Le meilleur, c’est la culture du résultat, de l’évaluation, de la transparence de l’information. Le pire, c’est une appréciation de plus en plus individuelle et standardisée de la performance. Au risque de fragiliser une profession qui a besoin de sérénité pour soigner ses malades.
HERVÉ RÉQUILLARD